Avec Là d’où je viens, Robin Lopvet revient à Épinal, ville des Vosges où il a grandi, notamment dans ses quartiers populaires. Plutôt que d’en proposer un portrait documentaire, il reconstruit son territoire d’origine à partir de souvenirs, de fantasmes et de signes empruntés à la culture locale. Épinal, historiquement célèbre pour son Imagerie, devient ainsi le décor d’une nouvelle « image d’Épinal », débarrassée de son caractère sage et pittoresque. 1854 Photography

Photographiés frontalement, souvent au flash, paysages, animaux, monuments et habitants sont soumis à des transformations volontairement visibles. Une voiture de police brûle au milieu d’une foule, une oie devient chimère, les cygnes se changent en créatures à plusieurs têtes, un arbre se couvre d’yeux tandis que les symboles religieux côtoient des animaux domestiques et des visions presque païennes. Le quotidien bascule progressivement vers le conte, la légende ou le cauchemar.

Cette géographie recomposée mêle l’expérience d’une enfance dans les quartiers populaires à l’histoire plus ancienne de la ville, marquée par son château, sa basilique et son imaginaire religieux. Épinal Chez Lopvet, ces éléments ne forment pourtant jamais un folklore stable : tout peut être découpé, déplacé et hybridé. La retouche numérique devient une manière de travailler la mémoire elle-même, avec ses exagérations, ses trous et ses inventions. Là d’où je viens ne cherche ainsi pas à montrer Épinal telle qu’elle est, mais telle qu’elle peut subsister dans la tête de quelqu’un qui en est parti.


Exposition solo de Là d’où je viens à la Corner Gallery à Epinal en 2020

Là d’où je viens à eu un article consacré dans le British journal of photography (cliquez sur la photo).