Böner




Böner part d’un constat simple : certaines images ont tellement envie de nous vendre le bonheur qu’elles finissent par ressembler à des flyers de supermarché émotionnel. Alors l’artiste a pris ces photos parfaites — couples radieux, lumière douce, bébé impeccable — et a remplacé l’enfant par un sandwich. Aussi absurde que logique.

Car ces images, déjà prêtes à l’emploi, semblent dire qu’aimer, sourire et se sentir comblé relèvent du même automatisme que choisir un menu. Le sandwich, lui, ne ment pas : il assume sa nature de produit. En glissant à la place du bébé, il révèle que, dans ces mises en scène du bonheur, la tendresse est souvent un décor, un emballage.

Böner joue sur cette confusion volontaire entre désir affectif et désir consommable. On croit regarder un moment intime ; on regarde un modèle publicitaire. On croit voir du bonheur ; on voit une formule. Et c’est précisément cette équivalence malsaine que le livre expose, image après image.



images du livre :




Photo du lancement du livre à la librairie du Monte en l’air 
Installation avec broche de Kebab tournante.
Le livre était en vente avec un paper toy de broche de kébab réalisée par Geoffrey Grimal




Publication dans libération