Dans sa série D.O.G.S. (Dangerous Objects Growing in the Sky), Robin Lopvet confronte deux types d’images : les images d’actualité catastrophistes et les animaux de compagnie.

La série D.O.G.S. (Dangerous Objects Growing in the Sky) naît d’un geste simple : récupérer des images de chiens trouvées sur internet et les faire apparaître dans le ciel, au-dessus de paysages, de villes, de foules ou de scènes historiques. À partir de ce procédé volontairement rudimentaire, Robin Lopvet construit un univers où le grotesque et la catastrophe coexistent sans hiérarchie.

Les chiens flottants de D.O.G.S. ressemblent à des apparitions numériques. Leur présence est absurde, parfois drôle, parfois inquiétante, mais toujours familière. Issus des flux d’images vernaculaires du web — mèmes, banques d’images, photographies amateurs, captures d’écran — ils portent avec eux toute une culture visuelle collective, immédiate et populaire. En les incrustant dans des scènes marquées par le spectaculaire, le politique ou le dramatique, l’artiste brouille les régimes d’attention contemporains : sur internet, une image de guerre, une catastrophe naturelle ou un chien drôle peuvent circuler avec la même intensité, dans le même flux continu.

Le montage reste visible. Les détourages approximatifs, les changements d’échelle impossibles ou les effets numériques assumés ne cherchent jamais l’illusion réaliste. Au contraire, ils rappellent que ces images sont fabriquées, copiées, déplacées, recyclées. D.O.G.S. parle autant de notre rapport aux images que des images elles-mêmes : leur vitesse de circulation, leur obsolescence, leur pouvoir de fascination et leur capacité à devenir virales indépendamment de leur contenu.

Développée en ligne avant d’exister dans des espaces d’exposition, la série s’est progressivement propagée hors du champ artistique, reprise sur les réseaux sociaux sous forme de mèmes, de détournements ou de produits dérivés. Cette dissémination fait pleinement partie du projet. Les images ne sont plus des objets fixes mais des éléments instables, capables de muter et d’échapper à leur auteur.

Entre humour absurde et vision post-apocalyptique, D.O.G.S. compose ainsi une mythologie contemporaine nourrie par internet, où le trivial devient monumental et où le chaos visuel du monde numérique finit par contaminer le réel.


Ce projet est uniquement diffusé, par sa nature je refuse d’en faire commerce.
La plupart du temps je le montre sous forme de dos bleus qui sont détruits à la fin de l’exposition.



Ce projet existe sous plusieurs formes : originellement posté sur instagram, une de ses images (la template de meme “Dust Storm Dog”, avec une photo de tempête de sable prise par le photographe américain Jerry Ferguson) est devenue virale et a été publiée dans le monde entier.
Un livre a été édité par les Editions de la Vie Moderne.
Il a été publié dans les magazine Fisheye et Society.