Objets trouvés






Réalisée lors d’une résidence de quatre jours à Bruxelles, Objets trouvés s’inscrit dans la continuité d’une recherche sur la nature morte contemporaine. Ici, le principe de collecte et de composition se déplace dans l’espace urbain : la ville devient un vaste terrain d’exploration où les objets photographiés remplacent les éléments d’atelier. Chaque image résulte d’une déambulation, d’un trajet et d’un temps donné. Les matériaux visuels — issus du marché du Jeu de Balle, des galeries marchandes, des façades d’immeubles, de la voirie ou des étals de fruits — forment la matière première de compositions hybrides, à mi-chemin entre observation documentaire et construction symbolique.

Le projet interroge les différentes strates qui composent Bruxelles : son héritage culturel, son quotidien marchand, ses chantiers permanents, ses déchets et ses icônes. La ville y apparaît à la fois singulière et familière, reflet d’une identité locale tout en portant les signes d’une grande métropole mondialisée.

Les compositions reprennent la structure et la richesse visuelle des natures mortes flamandes, dont elles détournent les codes. L’accumulation d’objets, la lumière précise, le désordre maîtrisé et la tension entre luxe et déchet s’y rejouent sous une forme contemporaine. Les fragments de la ville remplacent les symboles d’abondance d’autrefois, et les traces du quotidien deviennent les vanités d’un présent en mutation.

À travers Objets trouvés, la photographie devient un outil d’assemblage et de réécriture du réel. Chaque composition rejoue la rencontre entre l’image et la matière, entre la collecte et la mise en scène, faisant de la ville un atelier à ciel ouvert.